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Le Bloc n’est pas seul au monde

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Elvis @ Sat Sep 13, 2008 7:05 pm

J'ai trouvé cet article sur le site de radio can. Il met l'existence du Bloc Québecois dans une perspective international.

Le Bloc n’est pas seul au monde

Bonne lecture. 8)

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2008/09/12/105803.shtml?auteur=2096

$1:
Un tour d'horizon mondial révèle que l'existence de formations autonomistes ou indépendantistes qui, comme le Bloc québécois, se font élire à des parlements fédéraux ou « nationaux » n'est pas si incongrue. Et ce, même si le cas du Québec est unique par l'ampleur des députations indépendantistes envoyées à Ottawa depuis l'invention, en 1990, du Bloc: jusqu'à 72 % de l'ensemble de la députation (à l'élection de 1993, puis de nouveau en 2004).

Passons sur les nombreux mouvements séparatistes dans le monde qui, soit par manque de sens démocratique, soit (c'est plus fréquent) parce qu'ils n'ont pas le loisir d'emprunter librement la voie des urnes, essaient de faire avancer leur cause par d'autres moyens: guérilla, guerre civile, terrorisme, etc.

Combien y a-t-il, dans le monde de 2008, de partis politiques indépendantistes ou fortement autonomistes, qui envoient des députés au parlement central du pays qu'ils rejettent? Réponse: une bonne douzaine au minimum.

Une douzaine de précédents

Résumons:
- En Espagne: la Catalogne, le Pays basque et la Galice.
- Au Royaume-Uni: l'Irlande du Nord, le Pays de Galles et l'Écosse.
- En Italie: la « Padanie » rêvée par la Ligue du Nord.
- En Belgique: le Vlaams Belang, parti indépendantiste flamand, affirme une forte présence aux élections « nationales » tout autant que régionales.
- En Inde: au moins trois États (Assam, Sikkim, Mizoram) élisent ou ont élu une poignée d'indépendantistes.
- En Turquie: en 2007, 20 députés kurdes autonomistes ont été élus au Parlement d'Ankara.
- Aux Philippines, dans l'île de Mindanao, un parti « frère » du Front de libération Moro se présente aux élections.
- Dans un passé relativement récent, il y avait en Allemagne un parti indépendantiste bavarois représenté au Bundestag (le Bayernpartei, qui a eu jusqu'à 17 députés dans les années 1950).

Déloyaux à Sa Majesté

Au Parlement de Londres (Westminster), on trouve des représentants indépendantistes de trois groupes nationaux: Écossais, Irlandais et Gallois.

Le parti indépendantiste gallois s'appelle le Plaid Cymru. Il a 3 députés sur les 40 que le Pays de Galles envoie à Londres.

Le Sinn Féin d'Irlande du Nord compte cinq députés à Westminster. Le règlement du conflit armé dans cette province ensanglantée par l'Histoire n'a pas mis fin aux activités de cette formation, longtemps associée à l'Armée républicaine irlandaise (IRA).

Et puis, le Scottish National Party (SNP), une formation qui préconise « la souveraineté dans le cadre de l'Europe », est depuis un an le parti au pouvoir au Parlement d'Édimbourg... un tout nouveau parlement, qui existe depuis dix ans à peine.

Le SNP – qui prépare un référendum sur la souveraineté de l'Écosse – est aussi présent au Parlement de Londres, et ce, depuis les années 1930. Le Bloc québécois a donc là un lointain ancêtre! Le SNP a fait élire six députés aux Communes de Londres en 2005, et un septième lors d'une élection partielle en juillet 2008.

Basques et Catalans

Et puis il y a l'Espagne, avec les Catalans, les Basques... et les Galiciens aussi.

Là aussi, il y a des parlements régionaux... et là aussi, un même parti indépendantiste ou autonomiste joue sur la scène locale et régionale, tout en envoyant également des députés à Madrid.

Par exemple, Convergence et Union, le parti autonomiste qui a longtemps dirigé la Catalogne, compte dix députés à Madrid. Quant au parti ouvertement séparatiste Esquerra republicana (Gauche républicaine), il a trois députés. Ce parti avait, en passant, activement soutenu la coalition du premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero entre 2004 et 2008: comme si le Bloc participait à un gouvernement de coalition à Ottawa!

Le gouvernement basque de Vitoria, qui est dominé par le Parti nationaliste basque (PNV) de Juan José Ibarretxe, un émule avoué de René Lévesque, veut organiser cet automne un référendum sur une éventuelle souveraineté-association du Pays basque, avec le reste de l'Espagne, et dans un cadre européen.

Mais Madrid ne veut rien savoir, et le Tribunal constitutionnel d'Espagne, ce 12 septembre 2008, vient tout juste d'interdire la tenue de ce référendum. Vitoria fait appel auprès de la Cour européenne des droits de l'homme!

Le PNV gouverne donc le Pays basque et mène une guérilla juridique au gouvernement central, tout en ayant six députés à Madrid. Il y avait en outre, jusqu'à récemment, UN député basque carrément indépendantiste, d'une formation qui été interdite parce qu'on la disait sympathisante du groupe radical et violent ETA.

Au total, sur les 350 députés aux Cortès – le Parlement espagnol –, 25 sont issus de partis « régionaux » qui défendent des options autonomistes ou indépendantistes.

Et ailleurs...

Un petit saut en Italie, où on trouve la Ligue du Nord, ce parti de droite xénophobe dirigé par l'ineffable Umberto Bossi. Parti qui, selon les périodes et les humeurs de Bossi, a été autonomiste, sécessionniste, fédéraliste (attention! là-bas, ce terme signifie: « anti-État centralisé »), puis de nouveau autonomiste.

Bon an mal an, la Ligue du Nord recueille entre 15 et 30 % des suffrages dans sa région, et fait régulièrement élire des dizaines de députés... La Ligue a actuellement plusieurs ministres à Rome, dans le gouvernement de Silvio Berlusconi.

Et puis hors d'Europe... les parlementaires séparatistes ne sont pas inconnus non plus.

En Inde, au Parlement de New Delhi, 19 sièges sur les 543 du Parlement fédéral sont détenus par des souverainistes et régionalistes de différentes tendances et provenances. Les séparatistes proprement dits viennent surtout de trois États de l'extrême nord-est du pays, du côté du Népal et de la Chine. L'Assam, le Sikkim et le Mizoram ont une poignée de députés – un ou deux chacun – qui sont de vrais indépendantistes.

On pourrait aussi dénicher quelques exemples en Afrique et en Océanie... ce sera pour une prochaine chronique!

On peut donc dire beaucoup de choses sur le Bloc québécois, mais certainement pas que c'est un animal d'une espèce inconnue dans le monde!

   



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